Les vitraux de Marc Chagall à la cathédrale de Reims : leur signification

Au fond de la cathédrale de Reims, trois vitraux brillent d’un bleu profond qui contraste immédiatement avec les verrières médiévales visibles ailleurs dans l’édifice. Ils ne datent pas de l’époque gothique. Ils ont été créés au XXe siècle par Marc Chagall et achevés en 1974.
Les vitraux de Chagall ont été conçus spécialement pour la cathédrale de Reims. Leurs thèmes relient l’histoire biblique à l’identité même de la cathédrale. En observant les trois fenêtres de gauche à droite, vous passez de la généalogie du Christ au sacrifice et à la Passion, avant d’arriver à certains des grands moments de l’histoire de Reims.
Lorsque vous vous trouvez devant eux, il est utile de comprendre qu’il ne s’agit pas simplement de trois panneaux décoratifs. Ils forment un ensemble soigneusement conçu.
Où se trouvent les vitraux de Chagall dans la cathédrale de Reims ?
Les vitraux de Chagall se trouvent dans la chapelle axiale, à l’extrémité orientale de la cathédrale de Reims.
Si vous entrez par les grandes portes occidentales et avancez vers le chœur, poursuivez votre chemin autour du déambulatoire jusqu’au centre de l’abside. Les trois vitraux bleus sont faciles à reconnaître une fois arrivé devant la chapelle, car leurs couleurs sont beaucoup plus intenses que celles de nombreuses verrières voisines.
Ils ont été achevés en 1974, Chagall travaillant en collaboration avec le maître verrier rémois Charles Marq. Le projet a nécessité plusieurs années de travail.
La meilleure façon de les observer n’est pas de commencer immédiatement par chercher à identifier chaque personnage.
Reculez d’abord de quelques pas et regardez les trois vitraux comme une seule composition. Puis observez-les de gauche à droite.
C’est ainsi que leur conception générale devient beaucoup plus claire.
Pourquoi Marc Chagall a-t-il créé des vitraux pour Reims ?
Au fil des siècles, la cathédrale de Reims a perdu ou vu endommager une partie de ses vitraux, notamment pendant la Première Guerre mondiale. Plutôt que de remplir chaque espace vide avec des copies de verrières médiévales, la cathédrale a progressivement développé une tradition de commandes confiées à des artistes modernes.
Chagall est devenu l’un des plus importants d’entre eux.
Ses vitraux de Reims n’ont pas été créés de manière isolée. Il a travaillé avec Charles Marq, maître verrier de l’atelier Simon-Marq à Reims.
Cette collaboration était essentielle.
Chagall pouvait concevoir les personnages, les couleurs et la composition générale, mais le vitrail ne consiste pas simplement à transférer une peinture sur une fenêtre. La couleur du verre, la manière dont les pièces sont découpées, les lignes de plomb et la quantité de lumière qui pénètre dans la cathédrale influencent tous le résultat final.
Dans une interview réalisée en 1974 à propos du projet de Reims, Chagall évoque avec chaleur Charles Marq et les artisans de l’atelier. Il reconnaît également l’ampleur et la difficulté du travail. Lorsque l’intervieweur lui fait remarquer que les vitraux ont demandé environ trois années de travail, Chagall suggère que même trois ans ne suffisent pas réellement pour une œuvre de cette importance.
Ainsi, même s’ils sont connus comme les vitraux de Chagall, ils sont également le résultat d’une étroite collaboration entre l’artiste et le maître verrier.
Le vitrail de gauche : l’Arbre de Jessé

Commencez par le vitrail situé tout à gauche de l’ensemble conçu par Chagall.
Son thème est l’Arbre de Jessé, une généalogie biblique retraçant la lignée depuis Jessé de Bethléem, en passant par les rois d’Israël, jusqu’à la Vierge Marie et Jésus. Chagall transforme ce qui aurait pu être un arbre généalogique très formel en une vision beaucoup plus fluide. Le verre est dominé par de profonds bleus cobalt, interrompus par des verts émeraude, des éclats de rouge et quelques touches dorées, si bien que toute la généalogie semble flotter plutôt que rester immobile.
Commencez par regarder vers le bas.
Dans le coin inférieur droit, cherchez une figure allongée enveloppée d’un vert éclatant. Il s’agit de Jessé, le père du roi David. L’image fait référence à la prophétie d’Isaïe annonçant qu’un rameau sortirait de la souche de Jessé. Plutôt que de représenter un arbre ordinaire poussant verticalement depuis le sol, Chagall fait surgir la généalogie autour de Jessé à travers des lignes courbes et des mouvements de couleur.
Déplacez ensuite votre regard vers la partie inférieure de la lancette gauche. Ici commence à apparaître la lignée royale. Parmi les courbes bleues, vous pouvez distinguer le roi Salomon, couronné et assis, tenant un sceptre.
À partir de là, laissez votre regard remonter vers le centre du vitrail.
À mi-hauteur de la lancette gauche se trouve l’un des personnages les plus faciles à reconnaître : le roi David. Chagall l’identifie grâce à la lyre qu’il tient entre ses mains, instrument traditionnellement associé à David et aux Psaumes. Des tons chauds d’or et d’orange entourent sa tête tandis que les branches bleues et vertes continuent de s’élever autour de lui.
Dans la lancette voisine, Chagall évite de transformer l’Arbre de Jessé en un tronc rigide composé de branches régulièrement espacées. L’arbre devient au contraire une masse fluide de bleu et de vert. Des visages émergent des couleurs tandis que des anges semblent flotter parmi les branches.
Continuez à regarder vers le haut.
Près du sommet de la lancette droite, la généalogie atteint son aboutissement chrétien. Dans un ovale de feuillage vert se tient la Vierge Marie portant l’Enfant Jésus. La longue lignée commencée avec Jessé arrive ainsi à celui que la tradition chrétienne considère comme l’accomplissement de la prophétie d’Isaïe.
Regardez ensuite vers la partie supérieure gauche. Au milieu des bleus dominants, un orbe rouge rubis se détache avec force. Sa chaleur crée l’un des contrastes les plus marqués de tout le vitrail, comme une lumière traversant la composition bleue.
Enfin, regardez les remplages gothiques pointus tout en haut. De pâles anges aux ailes déployées semblent flotter dans les parties supérieures du verre, faisant visuellement passer la composition de la généalogie terrestre située en dessous vers le ciel.
Ce qui rend ce vitrail particulièrement intéressant est la manière dont Chagall réunit plusieurs traditions. Artiste juif né en Russie, il travaille ici avec les images de la Bible hébraïque au cœur de l’une des plus importantes cathédrales chrétiennes de France. Le récit commence avec Jessé, David et Salomon, figures communes aux traditions juive et chrétienne, avant d’aboutir à Marie et au Christ.
Et jamais le vitrail ne donne l’impression d’être un simple diagramme généalogique. Chagall et le maître verrier Charles Marq utilisent la couleur, les détails peints et les formes fluides pour donner à la lignée une impression presque d’apesanteur. Lorsque la lumière du soleil traverse les verres cobalt et émeraude, l’arbre semble moins enraciné dans la pierre qu’en mouvement à travers la lumière.
Le vitrail central : le sacrifice d’Isaac et la Crucifixion

Portez maintenant votre attention sur le vitrail central de l’ensemble de Chagall.
Si l’Arbre de Jessé à gauche parle de généalogie, ce vitrail traite de l’alliance, du sacrifice et de la rédemption. Chagall place un sacrifice de l’Ancien Testament à gauche et la Crucifixion à droite, reliant les deux scènes par la couleur, le mouvement et des formes qui se répondent.
Commencez par la lancette gauche.
Dans la partie centrale, cherchez l’une des scènes les plus dramatiques de l’ensemble : le sacrifice d’Isaac. Abraham, enveloppé de tons rouge-orangé, se tient au-dessus de son fils Isaac, attaché sur le bois préparé pour le sacrifice. Au moment décisif, un ange descend du ciel pour arrêter le geste d’Abraham.
La scène vient de la Genèse, dans laquelle Abraham est mis à l’épreuve lorsqu’il lui est demandé de sacrifier son fils. Le sacrifice est finalement interrompu et Isaac est épargné.
Levez maintenant les yeux.
Près du sommet de la lancette gauche, Chagall introduit une autre grande figure de l’Ancien Testament : Moïse, tenant les Tables de la Loi. Autour de lui, le verre se transforme en un rouge cramoisi intense. Cette couleur est particulièrement frappante parce que Chagall l’utilise beaucoup plus rarement que le bleu. Ici, elle marque un moment de rencontre directe entre l’humanité et le divin.
Puis redescendez votre regard.
Près de la base de la partie gauche, cherchez le bélier pris dans les broussailles, l’animal fourni pour remplacer Isaac lors du sacrifice. Autour de lui apparaissent des personnages associés à la prière et à l’alliance, rappelant que cette scène ne parle pas seulement d’un danger évité, mais également de la promesse entre Dieu et les descendants d’Abraham.
Tournez maintenant votre regard vers la lancette droite.
La relation entre les deux parties devient beaucoup plus claire.
Dans la partie supérieure droite, le Christ est suspendu à la croix, représenté dans des tons pâles et lumineux sur les bleus profonds qui l’entourent. Ce contraste rend immédiatement la figure visible. Chagall entoure la Crucifixion d’anges et d’arcs de lumière, de sorte que la scène ne se limite pas à la souffrance. Elle ouvre également vers la grâce et la rédemption.
C’est la clé pour comprendre l’ensemble du vitrail.
Dans la théologie chrétienne, le sacrifice auquel Isaac échappe a traditionnellement été interprété comme une préfiguration du sacrifice du Christ. Chagall rend cette relation visible en plaçant les deux scènes face à face.
Regardez l’ensemble de la composition et vous pouvez voir cet équilibre :
Isaac sur le bois à gauche, le Christ sur la croix à droite.
Sous la Crucifixion, la couleur change à nouveau. Une zone de jaune et d’or apporte de la chaleur au panneau et crée un espace plus calme sous l’intensité de la scène supérieure. Deux personnages y apparaissent dans une étreinte intime.
Plutôt que d’attribuer de manière trop précise une identité à cette scène, il est préférable de la lire comme un moment de tendresse placé sous le grand drame du sacrifice. La chaleur même de la couleur crée le contraste.
Dans la partie inférieure de la lancette droite, des anges et des figures agenouillées s’élèvent à travers les bleus profonds. Leur mouvement ascendant donne l’impression que les prières de la partie inférieure du vitrail sont portées vers les scènes célestes situées au-dessus.
Enfin, regardez les remplages pointus tout en haut.
Des oiseaux blancs et des figures ailées semblent passer d’un côté à l’autre, contribuant à unir les lancettes gauche et droite dans une seule composition plutôt que dans deux récits indépendants.
Ce qui donne une force particulière à ce vitrail est l’utilisation par Chagall de la typologie : l’idée selon laquelle certains événements de la Bible hébraïque peuvent être lus comme annonçant des événements du Nouveau Testament.
Les parallèles visuels sont volontaires.
Le sacrifice évité d’Isaac répond à la Crucifixion. Le rouge flamboyant entourant Moïse dans la partie supérieure gauche trouve son équilibre dans la luminosité pâle entourant le Christ dans la partie supérieure droite. Tout le vitrail est construit sur ces correspondances.
Au lieu de présenter la théologie comme une succession d’idées écrites, Chagall la transforme en une structure faite de couleurs, de mouvements et d’échos visuels.
Le vitrail de droite : Reims, les rois et les sacres

Tournez maintenant votre regard vers le vitrail de droite, où Chagall change une nouvelle fois de sujet.
Le premier vitrail remonte à la généalogie biblique. Le vitrail central établit un lien entre le sacrifice dans la Bible hébraïque et la Passion du Christ. Ici, en revanche, le récit se rapproche beaucoup plus du lieu où vous vous trouvez.
Ce vitrail parle de Reims et de sa relation avec la monarchie française.
Pendant des siècles, la cathédrale de Reims a été la grande église des sacres royaux en France. Chagall introduit cette histoire dans le verre à travers des scènes liées à Clovis, saint Remi, aux rois de France et à Jeanne d’Arc. La palette change également avec le sujet. Aux côtés des bleus cobalt caractéristiques de Chagall apparaissent des roses plus chauds, de l’ambre, de l’orange et du vert émeraude.
Commencez près du bas de la lancette gauche.
Chagall y évoque l’un des récits fondateurs de Reims : le baptême de Clovis par saint Remi, évêque de Reims. La tradition situe le baptême de Clovis vers la fin du Ve siècle, avec la date de 496 souvent retenue. La conversion du roi des Francs fut ensuite profondément associée à l’idée d’une monarchie française chrétienne et contribua à donner à Reims sa place particulière dans la tradition royale.
Chagall ne représente pas l’événement comme une reconstitution historique. Les figures émergent de zones roses, rouges et bleues, donnant davantage l’impression d’un souvenir de l’histoire que d’une scène littérale.
Laissez maintenant votre regard remonter.
Au centre de la lancette gauche, un souverain couronné apparaît sous une forme architecturale, représentant la longue succession de monarques français venus à Reims pour être couronnés et oints. L’interprétation officielle de la cathédrale associe plus précisément cette partie du vitrail au sacre de saint Louis, Louis IX.
L’image fait ainsi de la cathédrale elle-même une partie de l’histoire. Ces rois ne sont pas représentés dans un palais imaginaire. Leur identité royale est liée au bâtiment même qui entoure le vitrail.
Plus haut encore, cherchez une figure montée sur un cheval pâle.
Il s’agit de Jeanne d’Arc, dont la présence évoque immédiatement l’un des sacres les plus célèbres de l’histoire de France.
En 1429, pendant la guerre de Cent Ans, Jeanne accompagne Charles VII jusqu’à Reims, où il est couronné roi le 17 juillet. Atteindre Reims était essentiel, car le sacre traditionnel renforçait la légitimité de Charles au trône de France. La présence de Jeanne dans le vitrail de Chagall relie donc l’histoire militaire et politique au rôle cérémoniel de la cathédrale.
Portez maintenant votre attention vers la lancette droite.
L’imagerie développe ici un autre aspect important de la tradition des sacres à Reims : l’onction royale.
Saint Remi apparaît une nouvelle fois, entouré de tonalités plus chaudes d’or et d’orange. La scène rappelle la légende de la Sainte Ampoule, le récipient sacré associé à l’huile utilisée pour oindre les rois de France à Reims.
Selon la tradition médiévale, cette huile sainte avait une origine miraculeuse liée au baptême de Clovis. Qu’elle soit considérée comme un fait historique ou comme une légende, cette histoire devint centrale dans le symbolisme des sacres français. Le roi ne recevait pas simplement une couronne. L’onction présentait sa royauté comme investie d’une autorité sacrée.
Plus haut, des figures couronnées et des membres du monde royal se rassemblent au milieu de champs de vert et de bleu. Chagall ne les dispose pas comme dans un portrait officiel de cour. Ils semblent flotter à travers la couleur, comme si plusieurs siècles de monarchie avaient été condensés dans une même vision.
En continuant à lever les yeux, les scènes historiques laissent peu à peu place à quelque chose de moins terrestre.
L’architecture, les rois et les évêques situés plus bas se dissolvent dans le bleu caractéristique de Chagall, tandis que des anges pâles apparaissent dans les parties supérieures. L’histoire semble s’élever vers le ciel.
Regardez enfin les remplages gothiques tout en haut. Des figures ailées occupent les petites ouvertures situées au-dessus des deux lancettes, prolongeant visuellement le récit au-delà des rois et des cérémonies représentés plus bas.
L’effet est important.
Chagall ne se contente pas d’illustrer une liste d’épisodes célèbres de l’histoire de Reims. Il place le baptême de Clovis, les sacres royaux et Jeanne d’Arc dans un cadre sacré plus vaste.
Et les couleurs contribuent elles aussi à marquer ce changement.
Comparé au monde cobalt plus sombre de l’Arbre de Jessé et aux bleus et rouges dramatiques du vitrail central, ce vitrail introduit des tonalités plus chaudes de rose, d’ambre et de vert lorsque le récit passe de l’histoire biblique à l’histoire de France.
Reculez maintenant et observez les trois vitraux de Chagall ensemble.
La progression devient beaucoup plus facile à comprendre :
la généalogie biblique à gauche, le sacrifice et la rédemption au centre, et l’histoire de Reims à droite.
C’est ce qui permet aux trois vitraux de fonctionner comme une seule composition. Chagall commence par les Écritures, poursuit avec l’histoire centrale du sacrifice dans le christianisme, puis fait entrer ces idées dans l’histoire humaine de la cathédrale, faite d’évêques, de rois et de sacres.
Pourquoi les vitraux de Chagall à Reims sont-ils si bleus ?
Le bleu est la première chose que beaucoup de visiteurs remarquent.
La couleur domine tellement la composition qu’il est tentant de penser que Chagall l’a choisie uniquement pour sa valeur symbolique.
Son propre témoignage fournit une explication plus pratique.
Dans l’interview de 1974, Chagall explique que Charles Marq lui avait conseillé d’utiliser le bleu parce que cette couleur fonctionnerait particulièrement bien dans cette partie de la cathédrale. Les nouveaux vitraux devaient coexister avec les verrières anciennes situées plus haut et conserver une présence visuelle suffisamment forte au sein de l’architecture environnante.
Cela ne signifie pas que la couleur n’a aucun effet émotionnel.
Bien au contraire.
Les bleus profonds créent une atmosphère très différente de celle de la pierre qui les entoure et permettent aux rouges, aux verts et aux jaunes de ressortir fortement à l’intérieur des personnages.
Mais il est utile de distinguer l’interprétation de ce que nous savons réellement.
Plutôt que d’affirmer que le bleu symbolise simplement le ciel ou la spiritualité, nous savons qu’il a également été choisi parce qu’il fonctionnait visuellement dans cet emplacement précis.
La cathédrale elle-même a contribué à déterminer la palette de Chagall.
Comment les vitraux de Chagall s’intègrent-ils dans la cathédrale aujourd’hui ?
Les vitraux de Chagall sont devenus un chapitre d’une histoire beaucoup plus vaste de l’art moderne au sein de la cathédrale de Reims.
Ils n’ont pas été la dernière intervention contemporaine.
En 2011, l’artiste abstrait allemand Imi Knoebel a créé six nouveaux vitraux dans l’abside, placés de part et d’autre de la chapelle axiale où se trouvent ceux de Chagall.
Le ministère français de la Culture explique que la commande faite à Knoebel visait notamment à apporter davantage de couleur aux chapelles voisines et à répondre visuellement à la présence des œuvres de Chagall.
Ce point est important.
Les vitraux de Chagall ne sont pas restés une expérience moderne isolée au milieu d’une cathédrale médiévale.
Ils sont devenus une partie de l’histoire artistique toujours en évolution du monument.
Aujourd’hui, depuis une même partie de l’édifice, vous pouvez comparer des vitraux médiévaux, les œuvres figuratives de Chagall du XXe siècle et les compositions abstraites de Knoebel du XXIe siècle.
Peu de cathédrales rendent le passage du temps artistique aussi visible.
Que regarder devant les vitraux de Chagall ?
Si vous ne disposez que de quelques minutes, utilisez cette séquence.
1. Commencez par les couleurs
Reculez et observez les trois vitraux ensemble.
Remarquez à quel point le bleu domine la composition et comment les couleurs plus chaudes semblent presque suspendues à l’intérieur.
2. Passez au vitrail de gauche
Imaginez l’Arbre de Jessé comme un arbre généalogique.
Cherchez surtout les idées d’ascendance et de royauté plutôt que de vouloir identifier chaque personnage.
3. Observez le vitrail central
Cherchez la relation entre Isaac et le Christ.
L’idée essentielle est celle du sacrifice.
Chagall établit visuellement un lien entre un épisode de l’Ancien Testament et la Crucifixion.
4. Passez au vitrail de droite
Le récit quitte maintenant l’histoire biblique pour rejoindre celle de Reims.
Cherchez les scènes liées à Clovis et aux sacres des rois de France.
C’est ici que la cathédrale elle-même devient une partie du sujet.
5. Reculez une nouvelle fois
Une fois que vous avez compris les trois thèmes, regardez à nouveau l’ensemble.
La progression est la suivante :
généalogie biblique → sacrifice et rédemption → histoire de Reims
Cette structure générale devient beaucoup plus facile à percevoir une fois que vous savez ce que vous regardez.
Questions fréquentes sur les vitraux de Chagall à Reims
Où se trouvent les vitraux de Chagall dans la cathédrale de Reims ?
Les trois vitraux de Chagall se trouvent dans la chapelle axiale, à l’extrémité orientale de la cathédrale de Reims, derrière la zone principale du chœur.
Quand les vitraux de Chagall ont-ils été installés ?
Les vitraux ont été achevés en 1974.
Que représentent les trois vitraux de Chagall ?
Le vitrail de gauche représente l’Arbre de Jessé, le vitrail central établit un lien entre le sacrifice d’Isaac et la Passion du Christ, tandis que le vitrail de droite représente plusieurs moments importants de l’histoire de Reims, notamment le baptême de Clovis et les sacres royaux.
Pourquoi les vitraux de Chagall à Reims sont-ils bleus ?
Chagall expliquait que le maître verrier Charles Marq lui avait conseillé le bleu, car cette couleur fonctionnerait particulièrement bien dans cette partie de la cathédrale et coexisterait harmonieusement avec les vitraux anciens situés plus haut.
Marc Chagall a-t-il fabriqué lui-même les vitraux ?
Chagall a conçu les vitraux, mais leur réalisation résulte d’une collaboration avec le maître verrier Charles Marq et l’atelier verrier de Reims. Chagall lui-même a souligné l’importance de cette collaboration.
Combien de temps a duré la réalisation des vitraux de Reims ?
Le projet a nécessité environ trois ans. Chagall plaisanta ensuite sur le fait que même trois ans n’étaient pas suffisants pour une œuvre d’une telle ampleur et d’une telle importance.
Découvrez les autres vitraux de la cathédrale de Reims
Les vitraux de Chagall ne représentent qu’un chapitre de la longue histoire du vitrail dans la cathédrale.
Reims conserve également des verrières médiévales, de grandes roses, le vitrail du Champagne, des œuvres de Brigitte Simon ainsi que les vitraux abstraits contemporains d’Imi Knoebel.
Pour une vue d’ensemble, consultez notre guide consacré aux vitraux de la cathédrale de Reims.
Et si vous souhaitez mieux comprendre la cathédrale pendant que vous la parcourez, la visite audioguidée Tourific de la cathédrale de Reims vous permet d’avancer à votre rythme tout en découvrant les histoires qui se cachent derrière son art, son architecture et son histoire.



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